Job sharing en Suisse : contrat, salaire et qui le propose

En bref
Dans un job sharing, deux personnes se partagent un poste et la responsabilité qui va avec. La Suisse n'a pas de loi sur le sujet : ce qui compte, c'est ce que vous convenez avec l'employeur. Le plus sûr est d'avoir chacun son propre contrat de travail, plus un accord écrit pour le binôme. Selon une enquête de 2023, un peu plus d'un quart des entreprises d'au moins dix personnes ont déjà des collaborateurs qui travaillent ainsi.
La plupart des guides sur le sujet énumèrent les avantages et les inconvénients, puis s'arrêtent là où cela devient sérieux pour vous : le contrat, le salaire, et ce que devient votre poste quand votre binôme s'en va. Nous avons donc lu l'étude de la Haute école spécialisée du Nord-Ouest de la Suisse (FHNW, 2024, en allemand), les chiffres de l'Office fédéral de la statistique (OFS), les règles que deux cantons appliquent au partage de poste pour leur personnel et un jugement sur un poste partagé dans une fromagerie valaisanne.
Ce qu'est le job sharing, et ce qu'il n'est pas
Job sharing veut dire : vous occupez un poste commun, pas deux petits postes. C'est exactement ainsi que l'OFS pose la question dans l'Enquête suisse sur la population active (ESPA). Un poste et sa responsabilité sont partagés entre deux personnes, le plus souvent avec un seul cahier des charges. La FHNW ajoute que les tâches dépendent les unes des autres et que les deux personnes en répondent ensemble. Le canton de Fribourg, lui, parle de « partage de poste ».
Il ne faut pas le confondre avec le job splitting. Là, un poste à plein temps est découpé en deux postes à temps partiel, et chacun s'occupe de sa part. Vous travaillez côte à côte, mais pas comme une unité. Une brochure de la Familienfreundliche Wirtschaftsregion Basel (en allemand), un réseau bâlois d'entreprises attentives aux familles, trace la limite ainsi : dans le job splitting, deux mi-temps se complètent ; dans le job sharing, vous partagez les tâches et la responsabilité. Quand le poste partagé est un poste de cadre, on parle de top sharing.
La différence n'est pas qu'une affaire de mots. En job sharing, vous vous remplacez l'un l'autre, vous avez des objectifs communs, et chez certains employeurs, vous êtes même évalués ensemble. Cela ouvre au temps partiel des postes qui ne seraient sinon accessibles qu'à plein temps. Mais cela vous lie aussi à une autre personne. Combien de gens travaillent vraiment ainsi en Suisse ? Deux enquêtes donnent la réponse.
Le job sharing est-il répandu en Suisse ?
Du côté des entreprises, ce n'est plus un sujet de niche. À l'été 2023, la FHNW a écrit à 5 000 organisations pour le compte de l'association PTO (Part-time Optimisation), et 1 064 ont donné une réponse exploitable. Dans près de 28 % d'entre elles, des personnes travaillent en job sharing ou en top sharing. La part est de 30 % en Suisse alémanique, de 21 % en Suisse romande et de 25 % en Suisse italienne. Les grandes organisations de 250 personnes et plus sont nettement devant avec 44 %, et les organisations à but non lucratif (34 %) devancent le secteur public (30 %) et les entreprises privées (26 %).
Du côté des personnes, c'est plus modeste. Selon le tableau de l'OFS sur le job sharing, environ 3,6 % de l'ensemble des salariés travaillaient en job sharing en 2021. Parmi les personnes à temps partiel, avec un taux d'activité inférieur à 90 %, la part était de 9,5 % : 10,3 % chez les femmes, 7,0 % chez les hommes. Avec des enfants de moins de sept ans, elle monte à 11,9 %. Ce sont les personnes qui travaillent entre 20 et 69 % qui partagent le plus souvent leur poste, près de 12 % d'entre elles.
Les deux chiffres ne se contredisent pas. Dans une entreprise qui pratique le job sharing, près de six personnes en moyenne travaillent ainsi, soit environ trois binômes. Ce qui frappe, c'est autre chose : chez les employeurs, le modèle progresse. Selon la FHNW, le nombre de binômes a augmenté en dix ans dans près de la moitié des entreprises qui le pratiquent. Chez les salariés, en revanche, la part est presque stable : en 2016, elle était de 9,8 % des personnes à temps partiel.

C'est la branche qui fait la plus grande différence. Dans les écoles, près d'une personne à temps partiel sur cinq partage son poste ; dans l'information et la communication, comme dans les banques et les assurances, une sur vingt seulement. Cela vous dit où vous aurez le moins à vous justifier si vous proposez un binôme.
Quels employeurs proposent le job sharing
Les exemples connus sont de grands employeurs, publics comme privés. La FHNW cite les CFF, La Poste, les Hôpitaux universitaires de Genève (HUG), l'assurance de protection juridique CAP, le Secrétariat d'Etat aux migrations, Unisanté à Lausanne et la banque privée Vontobel, elle-même dirigée par un duo depuis 2024. Certains cantons ont écrit leurs propres règles pour leur personnel, comme Saint-Gall dans son manuel du personnel (en allemand) et Fribourg dans une directive du 23 novembre 2021.
À quoi cela ressemble au quotidien, l'assurance-maladie CSS le raconte sur sa page carrière, dans un portrait de 2021. Deux spécialistes avaient postulé ensemble en janvier 2020 à un poste de cadre mis au concours à 80-100 %. Dès septembre 2020, elles se sont partagé la direction de la section du médecin-conseil, avec quatre équipes et 48 personnes, chacune à 60 %. Cela fait 120 % pour un seul poste.
Pourquoi les 72 % d'entreprises restantes n'ont pas de job sharing ? La FHNW leur a aussi posé la question. La réponse la plus fréquente, donnée par 46 % d'entre elles : trop peu de demandes. Vient ensuite, à 41 %, l'idée que le poste se partage mal. Des coûts plus élevés ? Même pas une entreprise sur dix les cite. Pour vous, cela signifie que là où rien n'est mis au concours, souvent personne n'a encore posé la question. Trois secteurs méritent un regard plus attentif.
Écoles et enseignement
L'enseignement arrive largement en tête avec 18,7 %, et même 20,8 % chez les femmes. Dans aucune autre branche, vous ne risquez aussi peu de prêcher dans le désert en proposant de partager un poste.
Restaurants et hôtels
Dans l'hôtellerie-restauration, 12,9 % des personnes à temps partiel partagent leur poste, et les hommes, avec 14,3 %, le font même plus souvent que les femmes, avec 12,3 %.
Hôpitaux, EMS et services sociaux
Dans la santé et l'action sociale, la part est de 8,9 %, juste sous la moyenne. Le secteur est si grand que cela représente tout de même beaucoup de postes, et deux établissements de santé figurent sur la liste de la FHNW : les HUG et Unisanté. Quant à la forme que prend votre binôme, c'est le contrat qui la fixe.
Un contrat ou deux ?
Deux, idéalement : un pour chacun de vous. Le Code des obligations (CO) connaît le contrat de travail à temps partiel, mais pas le job sharing. Le Tribunal cantonal du Valais l'a constaté le 7 novembre 2022 dans un jugement sur un poste partagé (en allemand) : le job sharing n'est pas réglé par la loi, son contenu dépend de ce qui a été convenu.
L'affaire montre pourquoi c'est important. Dès janvier 2020, un couple tenait la fromagerie et le magasin d'une coopérative fromagère, avec un contrat à durée déterminée jusqu'au 1er mai. Le 9 mars, tous deux ont été licenciés avec effet immédiat. Chacun a réclamé son salaire en justice séparément, l'un un peu moins de 30 000 francs, l'autre un peu plus de 25 000. La coopérative s'est défendue avec un argument de forme : il n'y aurait qu'un seul contrat, conclu avec le couple en tant que groupe, et il faudrait donc additionner les deux demandes. La limite de 30 000 francs pour la procédure simplifiée devant le tribunal du travail aurait alors été dépassée.
Le tribunal ne l'a pas suivie. L'employeur avait rempli deux formulaires de contrat et versé le salaire séparément, à moitié chacun. Chaque personne avait donc sa propre créance de salaire et pouvait agir seule. Le licenciement immédiat n'était pas justifié. Et comme chacun avait son propre salaire, le tribunal l'a aussi calculé individuellement, selon le rôle : pour le fromager à 50 %, la moitié du salaire minimum d'un fromager responsable, soit 2 936 francs par mois ; pour l'aide-fromagère, la moitié de son propre salaire minimum, soit 2 488 francs.
Le tribunal cite à ce sujet le Tribunal fédéral, qui distingue trois façons d'engager un groupe.

Pour vous, c'est la première forme qui compte. Avec votre propre contrat, vous avez votre propre salaire, votre propre délai de congé et votre propre protection contre le licenciement. Saint-Gall et Fribourg l'imposent précisément à leurs services. Fribourg exige en plus un accord écrit entre la hiérarchie et le binôme, qui règle notamment la répartition du temps de travail, les remplacements, le droit de signature, la marche à suivre en cas de désaccord et le cas où l'un de vous démissionne. Avec un seul contrat conclu avec vous comme groupe, vous formez entre vous une société simple. Si le salaire vous est alors dû en commun, vous ne pouvez le réclamer qu'ensemble, et c'est exactement sur cela que comptait la coopérative. Mais c'est le jour où l'un de vous s'en va que la forme du contrat pèse le plus.
Que se passe-t-il si votre binôme démissionne ?
Si vous avez votre propre contrat, il continue tout simplement. L'employeur ne peut y mettre fin que comme à n'importe quel autre contrat : il doit vous licencier, vous, en respectant votre délai. Sans autre accord écrit, ce délai est, selon l'article 335c CO, d'un mois pendant la première année de service, de deux mois de la deuxième à la neuvième année, puis de trois mois, chaque fois pour la fin d'un mois. La protection contre le licenciement vaut aussi pour vous personnellement. Si vous êtes malade ou enceinte, l'employeur ne peut pas vous licencier après le temps d'essai pendant les périodes de protection de l'article 336c CO, quoi que fasse votre binôme.
Le canton de Saint-Gall va encore plus loin pour son personnel. Son manuel du personnel décrit trois façons de continuer après un départ, et en exclut une.

Saint-Gall n'admet pas les clauses selon lesquelles une résiliation met automatiquement fin à l'autre contrat. Le contrat peut toutefois citer le départ de votre binôme comme motif objectif pour vous licencier aussi, à condition que ce soit écrit expressément. Cela vaut pour le personnel cantonal. Le Code des obligations ne dit rien du job sharing ; dans une entreprise privée, c'est donc votre contrat qui fait foi. Lisez-le attentivement avant de signer et cherchez les phrases qui lient votre poste à celui de votre binôme.
Le mieux est de régler ce cas à l'avance. Les trois voies saint-galloises font un bon modèle : vous reprenez le poste temporairement ou définitivement à 80 ou 100 %, une nouvelle personne est recherchée pour le binôme et vous avez votre mot à dire, ou le poste à plein temps est remis au concours et vous obtenez un poste à temps partiel. Un droit de regard sur la succession ne coûte rien à l'employeur et vous protège d'un binôme qui ne fonctionne pas. Le salaire, les remplacements et les heures supplémentaires méritent d'être réglés tout aussi clairement.
Salaire, heures supplémentaires et remplacements en binôme
Votre salaire dépend de votre taux d'activité et de votre rôle, pas du binôme. Fribourg écrit dans sa directive que le salaire est calculé sur une base individuelle, et le jugement valaisan a calculé exactement ainsi. Vous pouvez donc gagner des montants différents pour le même poste, par exemple selon votre expérience ou vos années de service.
Pour le taux d'activité, deux écoles s'opposent. La directive fribourgeoise pour le personnel de l'Etat limite à un seul plein temps la somme des taux pour un poste à 100 % partagé, et dans les binômes qui encadrent du personnel, l'écart entre les deux taux ne devrait en principe pas dépasser 20 points. Le Bureau de l'égalité hommes-femmes et de la famille du même canton écrit au contraire que la coordination exige souvent des taux cumulés supérieurs à 100 %, et que ce surcoût est largement compensé par les bénéfices. Le binôme de la CSS est arrivé à 120 %. Négociez donc dès le départ le temps de passation, sinon il ne vous sera pas payé.
Au quotidien, c'est surtout le remplacement qui est délicat. Si votre binôme est absent deux semaines, son travail vous revient. Ce que vous faites au-delà de votre taux, ce sont des heures supplémentaires au sens de l'article 321c CO. Vous devez les effectuer dans la mesure où elles sont nécessaires et où l'on peut raisonnablement vous les demander. L'employeur les compense par un congé d'une durée au moins égale si vous êtes d'accord, sinon il les paie avec une majoration d'au moins 25 %, sauf accord écrit contraire. Saint-Gall exige donc que le contrat précise si vous vous remplacez seulement pendant les absences planifiables, comme les vacances, ou aussi au pied levé en cas de maladie. Fribourg exige que l'accord écrit règle une compensation pour les remplacements qui dépassent les durées usuelles.
Pour les erreurs, Fribourg rend les deux personnes conjointement responsables de l'ensemble du poste. La responsabilité individuelle de l'une d'elles peut être engagée si elle a agi contre l'avis de l'autre. Selon l'article 321e CO, vous répondez du dommage que vous causez vous-même intentionnellement ou par négligence. Pour les décisions importantes, notez donc qui a décidé quoi.
Une conséquence échappe à beaucoup : la caisse de pension. Comme chacun de vous a son propre contrat, la caisse applique la déduction de coordination à chacun. Dans le minimum légal de la prévoyance professionnelle, elle s'élève à 26 460 francs en 2026, comme le montrent les chiffres de l'OFAS. Si votre caisse s'en tient à ce minimum, un poste à plein temps payé 90 000 francs est assuré à hauteur de 63 540 francs. Si vous le partagez à parts égales, ce sont deux fois 18 540 francs, soit 37 080 francs au total. À partir de 2027, la déduction passe à 26 880 francs. Comment compenser cette perte, nous l'expliquons dans notre article sur le temps partiel et la caisse de pension. Au passage, vous avez droit au même nombre de semaines de vacances qu'à plein temps, simplement sur moins de jours ; les détails sont dans notre article sur les vacances à temps partiel et au salaire horaire. Reste à savoir si tout cela en vaut la peine. Les entreprises qui le pratiquent déjà ont répondu.
Avantages et inconvénients : ce que disent les entreprises
Les entreprises font en majorité de bonnes expériences, avec un problème qui revient. La FHNW a interrogé les organisations qui pratiquent le top sharing sur leur bilan. Elles sont 58 % à citer une plus grande satisfaction au travail des binômes, 46 % davantage de motivation, et plus d'un tiers une meilleure productivité et moins de départs. Près des deux tiers disent avoir introduit le modèle pour mieux concilier vie professionnelle et vie privée.
De l'autre côté, il y a les problèmes de communication et de coordination au sein des binômes, vécus par 32 % d'entre elles, et une charge de conduite plus lourde pour 26 %. Et 28 % ne signalent aucune expérience négative. Ces chiffres viennent des employeurs, pas des binômes eux-mêmes, et concernent des postes de cadre. Une petite enquête complémentaire auprès de 22 organisations montre où cela coince : la réponse la plus fréquente, à 37 %, est qu'il n'est plutôt pas facile de recruter des binômes bien assortis. Régler le contrat, en revanche, est jugé facile ou plutôt facile par 90 % d'entre elles.
Pour vous, le calcul se présente ainsi. Vous obtenez un poste à responsabilités à temps partiel, quelqu'un qui vous remplace quand votre enfant est malade, et une personne avec qui discuter des décisions. En échange, vous cédez une part de contrôle. Saint-Gall écrit dans son manuel, avec une franchise rare, que les personnes à l'ego démesuré ou qui ont du mal à partager l'information et le pouvoir forment difficilement un binôme harmonieux. Et comme vous avez des objectifs communs, votre évaluation dépend aussi du travail de l'autre. Si vous l'acceptez, encore faut-il trouver le poste.
Comment décrocher un poste en job sharing
Souvent pas par une annonce, mais à deux. La brochure bâloise décrit la démarche ainsi : les postes sont souvent mis au concours sans mention de job sharing ; ce sont plutôt deux personnes complémentaires qui se trouvent et se proposent en binôme. Le binôme de la CSS a lui aussi postulé ensemble à un poste mis au concours à 80-100 %. Comme les entreprises citent surtout le manque de demandes, selon la FHNW, une bonne candidature commune est souvent votre meilleur argument.
Cherchez d'abord la bonne personne. C'est souvent quelqu'un avec qui vous avez déjà travaillé et dont vous connaissez la manière de décider. Postulez ensuite avec une proposition de partage du poste : qui est présent quels jours, quelles tâches vous faites ensemble et lesquelles séparément, comment vous vous passez le relais. Les questions du manuel saint-gallois font une bonne liste de contrôle, et les réponses auront plus tard leur place dans le contrat ou dans l'accord complémentaire :
- Quelles tâches sont attribuées à chacun, lesquelles sont communes ?
- Jusqu'où pouvez-vous vous organiser seuls, et quand faut-il passer par la hiérarchie ?
- Quand vos horaires se chevauchent-ils pour la passation ?
- Vous remplacez-vous seulement pendant les vacances, ou aussi au pied levé en cas de maladie ?
- Qu'est-ce qui compte comme heures supplémentaires, et comment sont-elles compensées ?
- Que se passe-t-il si l'un de vous s'en va ?
Si vous travaillez déjà dans une entreprise, vous pouvez proposer la même chose en interne, par exemple si vous voulez réduire votre taux d'activité et qu'une collègue envisage la même chose. Selon la FHNW, ce sont les grandes entreprises qui ont le plus souvent déjà des binômes, et c'est dans les écoles et l'hôtellerie-restauration que vous aurez le moins à convaincre.
Avant de signer à deux
Demandez le projet d'accord complémentaire avant de signer votre propre contrat, et lisez les deux ensemble. S'il ne dit rien du départ de l'un de vous, proposez vous-même un paragraphe. Inspiré des voies saint-galloises, il pourrait se formuler ainsi :
Si l'une des personnes en job sharing résilie son contrat, le contrat de travail de l'autre se poursuit sans changement. La personne qui reste peut, si elle le souhaite, reprendre temporairement le poste à 80 ou 100 %. Elle participe au choix de la nouvelle ou du nouveau partenaire.
Si l'employeur accepte, vous avez par écrit ce qu'aucune loi ne vous donne. Et si vous cherchez encore le poste qui va avec, vous trouverez en continu des emplois à temps partiel dans toute la Suisse.
Questions fréquentes
- A-t-on droit au job sharing en Suisse ?
- Non. Aucune loi suisse ne vous y donne droit. Le canton de Fribourg l'écrit même noir sur blanc dans sa directive pour son personnel : il soutient le partage de poste, mais n'en fait pas un droit. Vous pouvez donc seulement le proposer et le négocier.
- Peut-on partager un poste en couple ?
- Oui, la loi ne l'interdit pas. Le jugement valaisan de 2022 concernait un couple qui tenait ensemble une fromagerie. L'essentiel est que chaque personne ait son propre contrat et son propre salaire. Chacune peut alors réclamer son salaire seule, même si le couple se sépare ou si le poste prend fin.
- Dois-je remplacer mon binôme quand il est malade ?
- Seulement dans la mesure convenue entre vous, ou dans la mesure où c'est nécessaire et raisonnable. Au-delà de votre taux d'activité, ce sont des heures supplémentaires au sens de l'article 321c CO. L'employeur les compense par un congé si vous êtes d'accord, sinon il les paie avec une majoration d'au moins 25 %, sauf accord écrit contraire.
- L'entretien d'évaluation se fait-il à deux en job sharing ?
- Dans les cantons de Saint-Gall et de Fribourg, oui. L'entretien sur les objectifs et l'évaluation se tient à deux avec la hiérarchie, et les objectifs valent pour le binôme. Les aspects plus personnels peuvent être discutés séparément. Les employeurs privés fixent leurs propres règles : posez la question avant de commencer.
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